Le tourisme des institutions a fait le plein dimanche dernier au Parlement européen. Preuve que l’idée de l’Europe est bien vivace et que le public en redemande. Faut-il, du coup, ouvrir l’IPE IV au public les samedis de sessions ? Ces chiffres flatteurs en tout cas sont une riposte claire aux arguments des Eurosceptiques et des déclinistes de tous bords.

L’Europe serait en perte de vitesse ? Au vu des chiffres de la fréquentation, l’opération-séduction d’avant-hier au Parlement européen n’a pas échappé à la règle : une fois de plus – cela fait vingt ans que l’hémicycle est ouvert au public pour une journée – ils étaient encore près deux dizaines de milliers de personnes à arpenter les longs couloirs de l’IPE IV pour s’approcher au plus près des instances de décision européennes.
Strasbourg a fait mieux que Bruxelles dimanche dernier
Pour la majorité des visiteurs, cette journée est une attraction : c’est un circuit que l’on visite, au fil des ans, comme les Journées du patrimoine. « Le parvis, ça fait un peu foire européenne, a relevé Eric Schultz, conseiller municipal délégué en charge de la démocratie participative. Mais cela permet à des gens qui ne seraient pas venus spontanément d’entrer en contact par ce biais-là avec les institutions ».
Sur le parvis ensoleillé ont pris place, en effet, quelques poules, des lapins et même une chèvre et une brebis, que les Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin ont pris soin de présenter aux citadins. Ces animaux de basse-cour, tout comme les visiteurs, ont aussi pu assister au lever des drapeaux, dès le matin, et apprécier les animations musicales sur une scène. Avant d’entrer dans la cour d’honneur de l’IPE IV où après une longue file d’attente, ils ont pu effectuer un tour soigneusement préparé par les organisateurs.
« Nous avons compté 18 700 visiteurs au moment de la fermeture des portes à 18 h. Soit 700 de plus qu’à Bruxelles, la semaine dernière… », calcule Luis Martinez-Guillén, chef de bureau au Parlement européen.
« On se sent plus européen dans l’hémicycle »
Pour certains visiteurs, l’expérience est unique : « On a la sensation que c’est ici que le futur se joue. Sans l’Europe, on n’y arrivera pas face aux pôles émergents ou à la Chine », déclare spontanément Adeline, 24 ans, originaire de la région parisienne, qui est venue avec deux amis tout exprès pour visiter le parlement, cœur de l’Europe politique.
« C’est impressionnant, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur ! C’est grand, moderne et très classe », indique Boris, 23 ans, étudiant en école d’ingénieur. « On se sent plus européen quand on est dans l’hémicycle avec ces centaines de députés qui parlent toutes les langues tout autour de vous », ajoute Adeline qui relève aussi l’acoustique exceptionnelle et le côté futuriste de l’hémicycle.
« Un bien bel outil de travail », a noté Stéphanie, 32 ans, parisienne d’origine, pour les 754 députés élus dans les 27 pays membres de l’Union européenne élargie. Avant de glisser, dans un clin d’œil : « Quoiqu’un peu froid. Il faut dire qu’on est près de l’Allemagne… »
Ouvrir les samedis de session ?
« Pourquoi ne pas ouvrir les portes du Parlement européen au public, les samedis des sessions », a suggéré Rainer Wieland, vice-président du Parlement européen, qui a rencontré en aparté Roland Ries.
Une idée qui n’est pas pour déplaire au maire de Strasbourg ainsi qu’à Nawel Rafik-Elmrini, son adjointe en charge des affaires européennes et internationales, qui ont abondé dans son sens.
Tout en lui expliquant, de leur côté, les grandes lignes du « projet de la Maison de l’Europe dans la villa Kaysersguet », qui doit « permettre de répondre dès 2013 aussi à cette attente citoyenne d’être physiquement en contact avec l’Europe ».
(Source : DNA)